de l’imaginaire à la librairie!

quoi de neuf à la librairie ? un rayon dédié à la «littérature de l’imaginaire» !

il y a bientôt 12 ans, à la création de la librairie rue Pascal, nous vous proposions un vrai rayon «imaginaire», riche d’environ 200 références

à cette époque, ce rayon n’avait pas trouvé sa clientèle ; il avait donc été supprimé physiquement ; nous avions gardé évidemment quelques titres de fonds et les avions réintégrés en interclassement dans les rayons «littérature»

depuis quelques mois, une demande était formulée régulièrement par de nouveaux clients : «Mais où est donc votre rayon «imaginaire» ?»

le voici donc, plus réduit qu’il y a 12 ans (moins de place!) et quel meilleur parrain pour cette renaissance de l’imaginaire à la librairie que le grand Philip K. Dick dont les œuvres paraissent ce mois-ci en deux volumes dans la collection «Quarto» !

évidemment, de nombreux titres, présents dans les rayons dits «littérature» pourraient prendre place dans ce rayon dit «imaginaire» : c’est toute la difficulté de classements et de sous-classements… si cela ne tenait qu’à moi, il n’y aurait pas d’autre classement que le simple ordre alphabétique, tout genre confondu 😉 pourquoi séparer et donc démanteler le corpus d’un auteur ? vaste débat !


M+5

M+5 : voilà donc 5 mois que la librairie a pu rouvrir au public

une réouverture réussie grâce à votre forte mobilisation dès les premiers jours et qui s’est maintenue jusqu’à aujourd’hui – merci !

la forte affluence touristique de l’été a permis d’envisager l’automne sous de meilleurs auspices

l’annulation du salon international des Carnets de Voyage, qui devait se tenir comme tous les ans mi-novembre, assombrit évidemment l’horizon

de nombreux projets de rencontre d’auteur à librairie sont aussi tombés à l’eau mais, animer une rencontre avec masque, dans un lieu clos, pour un public forcément restreint du fait des distances à respecter, ce n’était pas bien engageant ni pour l’auteur, ni pour vous public

cette décision d’annuler les rencontres a été prise la mort dans l’âme car, on vous l’a déjà dit mais on le redit, cette rentrée littéraire est riche ! Merci aux auteurs et aux éditeurs !

nous sommes le 15 octobre et la fameuse saison des fêtes de fin d’année avance à grands pas

nous devrons pour les semaines qui viennent maintenir une jauge dans la librairie – la plupart d’entre vous l’accepte et la respecte, c’est une chance !

il y a inévitablement des râleurs et des râleuses qui ont ce pouvoir bien étrange de rendre pénible la journée : que ce soit clair, cette limitation du nombre de personnes dans la librairie, c’est pour vous protéger et nous protéger, cette restriction pénalise autant la librairie que les clients

le gel est évidemment toujours obligatoire : c’est une des conditions pour que la librairie puisse rester ouverte et que vous, client.e.s puissiez consulter tranquillement les livres

le sourire dans les yeux l’est toujours, obligatoire : c’est une des conditions pour que les libraires puissent rester ouvertes d’esprit

le monde de la culture se voit amputé grandement par la décision gouvernementale de couvre-feu dans certaines métropoles : le spectacle vivant se retrouve à terre – espérons que la pensée créatrice indispensable à toute société ne se sclérose pas pendant ces semaines de fermeture et qu’elle puisse puiser dans ses ressources pour se relever bientôt et continuer ainsi à nous nourrir

«Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu.» (Bertolt Brecht)


à lire, à lire!

lire un texte de Florence Seyvos, c’est pénétrer immédiatement dans ce territoire si mystérieux qu’est l’enfance

au fil d’une œuvre littéraire tissée avec patiente et grande précision, l’auteur poursuit ici son exploration en donnant un texte qui, une fois sa lecture achevée, laisse une empreinte indélébile

au sortir d’une rougeole contractée à l’adolescence, soignée par de mystérieuses pilules, la narratrice, la jeune Anna, sent que sa perception du monde qui l’entoure s’est modifiée et que les repères basculent

le grand art de Seyvos est de nous entraîner subtilement vers cette «inquiétante étrangeté» : nous sentons sa présence proche, vibrante, indéterminée alors que la phrase, courte, quasi clinique, reste factuelle – et insidieusement, nous devenons, nous aussi, à la lecture, une «bête aux aguets»qui guette qui, qui guette quoi? la question du regard est essentielle ici : un regard qui reconnaît, qui nomme, qui effraye…

Florence SEYVOS, Une Bête aux aguets. Editions de l’Olivier, 2020. 17 €

l’humour s’invite à cette rentrée littéraire!

prenez un homme qui sort de chez lui pour poster une lettre, claque la porte de son appartement et s’aperçoit, sur le palier, qu’il a oublié de mettre ses chaussures et qu’il porte toujours à ses pieds ses pantoufles, plus précisément, ses charentaises

nous serons nombreuses et nombreux à nous reconnaître dans cette situation…. le quotidien de cet homme va alors basculer : il s’aperçoit au moment où la porte de son appartement claque, qu’il n’a pas ses clefs et qu’il se retrouve donc «enfermé dehors» avec, aux pieds, ses charentaises — c’est le déclic : il part, décidé à affronter le monde en pantoufles

avec beaucoup d’humour Luc-Michel Fouassier fait vivre à son personnage les situations les plus coquasses, une des plus improbables : disputer un match de tennis en charentaises et, le gagner!

Luc-Michel FOUASSIER, Les Pantoufles. Editions de l’Arbre vengeur, 2020. 13 €

prenez un autre homme, qui lui ne part pas poster une lettre mais en reçoit une : la fameuse enveloppe en plastique bleu que tout un chacun-chacune reçoit automatiquement à partir de 50 ans pour le dépistage colorectal… le hasard ne pouvait pas mieux faire : la fameuse enveloppe est arrivée il y a quelques jours, pile au milieu de la lecture du roman : ça met en condition

Fabrice Caro (Fabcaro pour les intimes de ses géniales BD), nous fait toujours autant rire par les situations dans lesquelles il met ses personnages et le style décapant

on s’attache à cet homme qui n’a pas d’emprise sur sa propre vie et qui n’arrive pas à dire non : non au whisky que lui sert son voisin à chaque apéro, non aux vacances en paddle organisées par un couple d’amis

la grande claque que se prend le personnage : le temps qui passe, l’âge qui vient, un fils qu’on croyait encore la veille être un gamin de 7 ans et qu’on découvre ado… beaucoup de tendresse mais, aussi, une grande mélancolie

Fabrice CARO, Broadway. Gallimard, 2020. 18 €

Walker de Robin Robertson : la grande découverte de cette rentrée littéraire!

le poète écossais Robertson signe ici son premier roman : nous attendons désormais le prochain avec fébrilité

écrit en prose versifiée et alternant divers registres narratifs, ce roman nous entraîne dans une déambulation désillusionnée de l’Amérique des années Cinquante

1946, Walker, un soldat canadien rescapé du Débarquement de Normandie, échoue à New York, trace ensuite à l’ouest et réussit à se faire embaucher comme pigiste, à la rubrique des faits divers dans un quotidien de Los Angeles auquel il propose une enquête sur les sans-domiciles qui commencent à peupler les rues de Los Angeles et de San Francisco

les villes subissent une transformation urbaine et sociale radicales, des milliers de logements sont démolis par des promoteurs véreux, logements remplacés par de tentaculaires échangeurs routiers et des parkings à perte de vue

l’errance de Walker se veut témoignage de ces bouleversements, au plus près de ces Américains mis et laissés dans les bas-fonds de l’American Way of Life

découpant son roman par année (1946-1953), Robertson nous donne à lire une chronique noire de l’Amérique, noire comme les films tournés dans les rues à cette époque-là : scènes de tournage et citations de films sont l’un des puissants décors et matériaux du texte

l’errance de Walker se veut surtout une tentative de survie humaine face aux horreurs de la guerre qui vient de s’achever

ce choix de la forme du poème épique est la force même du texte ; on pense évidemment au monumental Paterson du grand poète américain William Carlos Williams

Walker ou l’art de perdre à pas lents / « The Long Take » pour le titre original : Walker ou le long travelling en noir et blanc d’un homme condamné à marcher s’il ne veut pas être rattrapé par son propre fantôme

Robin ROBERTSON, Walker ou l’art de perdre à pas lents, trad. de l’anglais [Écosse] par Josée Kamoun. Editions de l’Olivier, 2020. 23 €


nouveaux horaires

attention, nouveaux horaires

à compter du 1er octobre, la librairie sera obligée de fermer entre 12h30 et 14 heures, jusqu’à ce qu’une nouvelle organisation puisse être mise en place

cette ouverture « méridienne » (comme on dit maintenant) décidée il y a quasiment un an, avait rencontré un beau succès : nous espérons pouvoir y revenir très vite !

en attendant ces beaux jours, petit rappel des jours et heures d’ouverture de la librairie :

  • du mardi au samedi
  • 10 h-12h30 // 14 h-19 h

«Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après demain.» (Alphonse Allais)


deux nouvelles!

deux nouvelles!

d’abord la bonne : le doudou qui avait été oublié sur les marches de la librairie a retrouvé sa jeune propriétaire

ensuite la bonne : le recrutement est terminé; l’annonce est donc supprimée

ainsi va la vie à la librairie!


à bicyclette…

l’heure du départ du Tour de France depuis Clermont-Ferrand s’approche : camarades cyclistes, il vous reste encore un peu de temps pour vous assurer que vous suivrez bien les conseils du grand Mark Twain : « Quand vous êtes sur le point, en matière de cyclisme, de pouvoir à peu près tenir la machine en équilibre, de la faire avancer et de la diriger, il faut passer à l’exercice suivant : monter dessus. »

(Mark TWAIN, Dompter la bicyclette et autres déboires, trad. de l’anglais par Emmanuel Malherbet. Éditions du Sonneur, 2017. 6,50 €)


tour de France…

si vous ne le saviez pas encore : le Tour de France passera à Clermont non pas une mais deux fois : vendredi 11 et samedi 12 septembre
autant vous prévenir : l’accès au centre ville va être, comment dire, difficile…
il faudra un peu de patience pour vos commandes que nous aurions dû recevoir demain, vendredi matin : nous n’aurons aucune livraison car circulation interdite sur la butte

les camarades cyclotafeurs auront remarqué comme moi que la piste cyclable de l’avenue de la République est ornée depuis hier de très, très, nombreux traits rose fluo marquant les défauts de la chaussée, signalisation faite pour le futur passage du peloton j’imagine
soyons optimistes et rêvons que cette piste cyclable soit enfin rendue vraiment cyclable pour nos trajets pluri-quotidiens après le passage du Tour… amis du peloton, bonne chance sur ce tronçon!
l’info du jour : le maillot jaune est déjà arrivé ce matin à Clermont, vu à 8h28 — la librairie indépendante, toujours une longueur d’avance 😀


tous au jardin punk!

DSCN5981

tous au jardin, oui, mais au jardin punk!
« Jardin punk? mais qu’est-ce que c’est encore que cette invention? », me direz-vous peut-être…
Eric Lenoir dans son excellent Petit traité du jardin punk (publié chez Terre Vivante) vous l’explique avec précision, humour et, surtout, toutes ses connaissances technico-pratiques de paysagiste-pépiniériste

qu’entend Lenoir par « jardin punk »? un jardin :
— pas cher
— facile à faire
— rapide à faire
— facile à entretenir et autonome, dans la mesure du possible
— pas cher à entretenir
— résistant aux agressions
— non nuisible
— écologiquement intéressant
— plus beau que l’existant
😀

alors à vos serpes!
jetez-vous sur ce livre : on adore le propos, la maquette, la mise en pages, le parti-pris de photos en noir et blanc!
un tableau, en fin de volume, classe les arbres, arbustes etc. selon les critères habituels (adaptation à l’ombre, résistance etc.) et selon d’autres, moins communs et qui sont justement tout l’enjeu de ce traité : « intérêt socio-économique » et « niveau de punkerie »

« ça va être bien, vous verrez, tous ces jardins là où ils n’étaient soi-disant pas possibles »

rêvons un instant : que nos chères têtes politiques lisent ce traité et l’appliquent dans les espaces publics de nos cités qui en ont tellement besoin

Eric LENOIR, Petit traité du jardin punk — apprendre à désapprendre. Terre Vivante, 2018. 10€

horaires en août

DSCN5976

qu’on se le dise : le changement d’horaire d’ouverture de la librairie pour TOUT le mois d’août, c’est dès samedi 😀!


LA saga de l’été!

IMG_2918

il n’y a pas que les sagas italiennes dans la vie 😉
le Sussex de l’Angleterre des années 30, c’est très bien aussi!
LA saga à lire cet été : celle de la famille Cazalet et de leurs domestiques que l’auteure Elizabeth Jane Howard chronique avec finesse
le premier des quatre volumes est sorti en mars aux Éditions La Table Ronde; le deuxième est annoncé pour octobre : vous avez donc tout l’été pour apprendre par cœur l’arbre généalogique des Cazalet (et de leurs domestiques!) donné dans le premier volume 😀
(Elizabeth Jane HOWARD, Étés anglais, t. I, trad. de l’anglais par Anouk Neuhoff. Éditions La Table Ronde. 2020. 24 €)