nouvelles du mardi 17 mars

confinement solidaire : nous ne ferons pas de livraison à domicile

à l’heure où Amazon va recruter 100 000 personnes aux Etats-Unis devant le bond des commandes en ligne, pour info, voici le communiqué d’aujourd’hui du Syndicat de la Librairie Française :

De nombreuses librairies proposant également de la presse, et autorisées, à ce titre, à continuer d’accueillir du public ont préféré fermer. Plusieurs plates-formes de libraires, Librairiesindependantes.com, Leslibraires.fr., Librest, Chezmonlibraire, Librairies-nouvellequitaine.com…, ont décidé d’interrompre leurs services de commandes pour retrait ou livraison.

Ces décisions représentent un crève-cœur pour beaucoup de librairies qui souhaitent maintenir un minimum d’activité. Mais, en période d’épidémie aussi inédite que celle que nous vivons, les librairies doivent être à la hauteur du rôle social qui est le leur en ne faisant pas prendre de risques à leurs salariés, aux transporteurs ou à leurs clients. Le retrait ou la livraison des commandes génère par ailleurs des contacts entre plusieurs personnes, d’où un risque de multiplication de la contagion et de prolongation dans le temps de la crise épidémique.

C’est au nom de cette responsabilité sanitaire et sociale, mais également de l’équité entre l’ensemble des circuits de vente, que nous nous érigeons contre la décision du gouvernement d’autoriser les livraisons de commandes en ligne pour des produits qui ne sont par ailleurs pas considérés comme « essentiels » à la vie de la nation. Si la vente d’un livre dans une librairie n’est pas essentiel à la nation, pourquoi cette même vente le serait-elle en étant effectuée par Amazon ou un hyper marché ?

Nous avons demandé à l’ensemble des distributeurs de faire preuve de la même responsabilité que les libraires en stoppant la livraison des réassorts pour l’ensemble des circuits. Toutes nos entreprises vont souffrir de cette crise, les libraires, les diffuseurs, les distributeurs et, bien-sûr, les éditeurs, sans compter les auteurs. Soyons solidaires aujourd’hui pour stopper l’épidémie et soyons solidaires, demain, pour relancer l’ensemble de notre filière.


contre Amazon!

pour bien commencer la semaine : une saine lecture à faire, à partager, à afficher!

les éditions Le Nouvel Attila ont l’excellente idée de traduire ce texte de Jorge Carrion (écrit en 2017) qui dit avec clarté, intelligence et nuances des vérités auxquelles on souscrit évidemment comme, il est fort probable, la majorité d’entre vous qui lisez en ce moment même ces lignes écrites depuis une librairie indépendante…

1 manifeste, 7 bonnes raisons d’être contre Amazon! pour 3€, on ne se prive pas : on l’offre à tous les récalcitrants, les amis, la famille, la belle-famille, les ex, les futurs, les enfants qui apprennent à lire, les élus, les-pas-encore-élus, les-plus-élus… bref, ça en fait du monde!

en pile, dans toutes les bonnes librairies! c’est-à-dire des lieux qui accueillent et conseillent des humains et non des algorithmes 😉

Jorge CARRION, « Contre Amazon », trad. de l’espagnol par Mikaël Gómez Guthart. Le Nouvel Attila. 2019. 3 €


reportage exclusif

à la suite de notre communiqué de presse, voici le reportage exclusif consacré à l’incontournable événement économique international de ce printemps 2019!

pour visionner ce reportage : https://www.youtube.com/watch?v=XzsgscmtuUA


osez la librairie!

ne surfez plus sur l'amazon


boycotter Amazon pour Noël ? l’appel est lancé outre-Manche

Le groupe britannique Amazon Anonymous incite les internautes à ne pas dépenser d’argent sur Amazon pour Noël en proposant des alternatives d’achat dans un guide shopping.
A la veille des fêtes de fin d’année, qui constituent la période la plus faste pour Amazon, le groupe Amazon Anonymous, lancé au Royaume-Uni pour se faire l’écho de tous les mécontentements à l’égard de la société de e-commerce, appelle sur son site internet, dans une campagne “Amazon-Free Challenge” (le défi Sans-Amazon), à ne pas acheter sur Amazon entre le 1er et le 25 décembre 2014.

Près de 12 000 personnes se sont déjà engagées dans ce cadre à renoncer à faire leurs achats de Noël auprès de la compagnie de Jeff Bezos, ce qui représenterait déjà pour elle, selon Amazon Anonymous, un manque à gagner de 2,7 millions de livres sterling (3,4 millions d’euros), d’après le cumul des intentions d’achats pour Noël estimées par chaque internaute.

Pour que les consommateurs puissent aisément éviter de commander des produits via Amazon, Amazon Anonymous a lancé le 1er décembre sur son site, en collaboration avec le magazine Ethical Consumer, un “guide shopping sans Amazon” qui répertorie en fonction des produits recherchés (livres, DVD, jeux vidéos, etc.) des commerces physiques ou en ligne où ils pourront trouver leur bonheur.

Amazon Anonymous a pris le parti de considérer Amazon comme une drogue néfaste.

« Nous savons qu’il peut être difficile d’arrêter d’un seul coup lorsqu’on est habitué à faire des achats sur Amazon, admettent les initiateurs du guide en l’introduisant. Donc nous avons fait équipe avec Ethical Consumer pour vous apporter de meilleures options. Nous avons considéré ces entreprises selon la façon dont elles traitaient leurs employés, et vérifié si elles étaient du genre à éviter les taxes. »

Créé fin 2013 à la suite d’une pétition qui a rassemblé plus de 60 000 signataires dans la lutte contre les salaires trop bas versés par le groupe américain, le site d’Amazon Anonymous a pris le parti de considérer Amazon comme une drogue néfaste, comme le font les Alcooliques Anonymes pour l’alcool. “Si vous brisez accidentellement votre promesse [de ne rien acheter sur Amazon], vous pouvez renouveler votre démarche à tout moment. Nous sommes ici pour aider, mais vous êtes également libres de rejeter les e-mails de soutien si vous le souhaitez”, précisent sur leur page de campagne les initiateurs de l’opération de boycott du géant du e-commerce pour les fêtes.

Le site d’Amazon Anonymous propose également une rubrique « Recovery Programme » (Programme de rétablissement) qui promet un sevrage complet d’Amazon, notamment en accompagnant les employés en souffrance du cybermarchand qui souhaitent s’en sortir.

(article publié sur le site Livres hebdo, 3 décembre 2014)


les belles histoires du monde fabuleux de la librairie…

quelques nouvelles de nos amis Amazon/BNA (bibliothèque numérique d’agglomération de Clermont-Ferrand)

une réunion entre responsables de la BNA et libraires clermontois avait pu avoir lieu le 18 mars; les choses y avaient été redites et, à l’issue de cette réunion, on nous assurait que le site du réseau des médiathèques de Clermont Communauté allait être « nettoyé » des liens actifs Amazon qui truffaient les notices bibliographiques

wait and see

la semaine dernière, réception d’un courrier officiel de l’adjoint à la Culture de la Ville de Clermont-Ferrand m’informant que les services concernés avaient procédé au « nettoyage » du site de la BNA (retrait des liens Amazon et consorts, mention du nom de l’éditeur dans les notices bibliographiques là où, auparavant, figurait, on ne sait pourquoi, en lieu et place de l’éditeur le nom de l’imprimeur)

wait and see

aujourd’hui, après avoir effectué quelques recherches sur le site de la BNA, constat : les liens Amazon sont bien toujours présents et actifs  dès qu’on clique :

  1. sur l’image de la couverture du livre sur lequel porte la recherche = renvoi immédiat sur le panier d’achat en ligne
  2. sur l’icône « liens » figurant sous l’image de la couverture (désormais, Amazon apparaît en tête de cette liste de liens…)

les éditeurs ont, en revanche, retrouvé la place qui est la leur

sans transition, une vraie belle histoire

samedi 6 avril, nous recevions Jean-Philippe Toussaint grâce au « lien actif » d’un de nos clients, Alexandre Rochon qui, devant travailler en compagnie de Toussaint à Clermont-Ferrand ce jour-là (composition de la musique du prochain film de Toussaint), était venu me proposer de recevoir l’auteur à la librairie

la rencontre a lieu; beaux moments d’échanges riches et denses; public nombreux et attentif

à l’issue de la rencontre, au moment de ranger la librairie, je constate qu’il nous « manque » plusieurs exemplaires de deux titres de Toussaint

évidemment, on peste, et on peste royalement; on décide de s’organiser différemment lors de la prochaine rencontre et on entame l’après-midi le cœur quelque peu amer

vers 17 heures, une petite mamie se présente à la librairie, dans un grand état de confusion et nous explique qu’elle était présente à la rencontre le matin, qu’elle a fait dédicacer deux exemplaires par l’auteur et que, de retour chez elle, elle avait constaté qu’elle avait oublié de nous les régler…

2 heures plus tard, un homme se présente à la librairie et nous explique, confus, qu’il était présent à la rencontre le matin, qu’il a fait dédicacer plusieurs exemplaires par l’auteur et que, de retour chez lui, il avait constaté qu’il avait oublié de nous les régler…

on entame la soirée le cœur ensoleillé et on se félicite d’une clientèle en lien actif avec sa librairie

« Si un livre et une tête se heurtent et que cela sonne creux, le son provient-il toujours du livre? » (Georg Christoph Lichtenberg)


coup de gueule (suite)

à la lecture des commentaires publiés sur le blog en réponse à mon « coup de gueule » de lundi soir, quelques mises au point :

 

  • qu’un service public de réseau de médiathèques soit un relais vers des sites marchands Internet, quels qu’ils soient, indépendants ou fonds de pension, est inadmissible – où est l’obligation de neutralité ?
  • Soyons plus clair : il est inacceptable que, en cliquant sur le logo Amazon qui figure sur l’image de la couverture d’un ouvrage référencé dans le catalogue de la BNA, l’usager se retrouve automatiquement « rabattu » sur la page de vente dudit ouvrage proposé par Amazon
  • Inacceptable : il ne s’agit pas « seulement » d’une publicité « passive »mais d’un relais « actif » et exclusif d’un site de service public vers un site marchand

 

après navigation hier sur les sites des réseaux de lecture publique de Rennes, Toulouse, Limoges, Bordeaux : sauf erreur, aucun de ces catalogues ne présente dans sa base de référencement bibliographique de logo marchand quelconque et encore moins de redirections vers un site de vente ;

que l’on cite ses sources quand on reprend des données, c’est la moindre des choses

qu’un service public puise ces données dans d’autres bases que des bases de sites marchands, c’est aussi la moindre des choses

qu’une désaffection des médiathèques et des librairies ait lieu, personne ne le conteste ; je ne vois pas en quoi farcir un site de bibliothèque de logos avec renvois automatiques vers des sites de vente va inciter le public à revenir en médiathèque

n’en déplaise à certains, les libraires indépendants ne sont pas restés tous à l’âge de pierre et ne tournent pas le dos au monde dans lequel ils vivent, ils en sont des acteurs économiques et culturels locaux à part entière

les libraires indépendants ne vivent pas dans le monde des bisounours, ni uniquement d’amour et d’eau fraîche : ce sont bien des chefs d’entreprise et des commerçants ; qui ont donc l’obligation de faire entrer l’argent dans leur tiroir caisse pour faire vivre leur entreprise et régler leurs charges diverses (le fisc français réclame toujours à Amazon 198 millions d’euros)

si les bibliothécaires ont pour mission, entre autres, d’enclencher un acte de lecture, les libraires ont pour mission d’enclencher et un acte de lecture et un acte de vente

non, on ne trouve pas des piles de 50 nuances de grey dans chaque librairie indépendante mais ce serait une erreur professionnelle de ne pas le proposer à la vente

oui, on y trouve ce qu’on appelle un « fonds », une bibliodiversité certaine et de nombreuses rencontres d’auteurs ; encore faut-il venir en librairie pour s’en rendre compte

oui, tenir une librairie indépendante est un « combat ordinaire »