vitrine en clin d’œil photographique

vitrine clin d’œil photographique, à l’occasion de l’ouverture du festival international de photographie à Clermont-Ferrand Sténopé-Festival Nicéphore et de la rencontre avec le photographe Stéphane Duroy, samedi 6 octobre 2018, à 11 heures — noir et blanc à l’honneur!

un grand merci à Telio Madignier d’avoir accepté, au pied levé mais à la main posée, de croquer quelques bandes polaroid!

en vitrine, a été installé un procédé technologique révolutionnaire qui permettra à tout un chacun d’obtenir un autoportrait instantané…

 

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la librairie dans le magazine « Lire »

le « conseil du mois » du magazine Lire d’octobre est celui de la librairie ! le premier roman de l’Irlandais Conor O’CALLAGHAN, Rien d’autre sur terre publié chez Sabine Wespieser Editeur (trad. de l’anglais par Mona de Pracontal)article lire sept 2018


à lire, à lire!

serez-vous des notres

un pur enchantement – tel est l’état dans lequel nous plonge ce merveilleux dernier volume de la « Trilogie des rives » d’Emmanuelle Pagano
il est 21 heures, ce 27 octobre, quand s’ouvre le roman et les bondes de la ligne d’étangs des Bonnefonds : le lendemain, ce sera le jour de la pêche annuelle sur le plus grand des étangs, baptisé la Caspienne
Jonathan, le propriétaire, et Alphonse, le vieux gardien des étangs, sont là pour assurer avec précision la mise en tire de l’étang
dès 7 heures, le lendemain matin, les voisins invités viendront participer à cette pêche rituelle
un manque à l’appel : David, l’ami d’enfance de Jonathan, qui a quitté ce pays des étangs voilà 20 ans pour plonger par 300 mètres de fond en devenant sous-marinier
la Caspienne se vide ; peu à peu le paysage change, le ciel se fait plus court, l’heure avance
les hommes reproduisent les gestes appris des générations précédentes, la communauté humaine se doit d’être là malgré les humiliations qui découlent de ce rituel ancestral
David sera-t-il des leurs ?
la phrase se déploie, avec force et assurance comme se vide l’étang
et la Caspienne bat dans les cœurs et dans les corps – éblouissant      [DM]

–> Emmanuelle Pagano nous fait le plaisir d’avoir accepté une rencontre à la librairie vendredi 12 octobre 2018, à 18h30

Emmanuelle PAGANO, Serez-vous des nôtres ? (Trilogie des rives, III). POL, 2018. 474p. 20€

Lignes et fils (Trilogie des rives, I). POL, 2015. 208 p. 15 €

Saufs riverains (Trilogie des rives, II). POL, 2017. 400 p. 19,50 €

 

helena

Un été chaud et lourd dans le Kansas. Norma, une mère célibataire sans histoire. Tommy, son fils de dix-sept ans perturbé et Heavy, une jeune femme qui se rend chez sa tante pour quelques jours au calme.

Cette dernière tombe en panne sur une route déserte. Elle va alors croiser le chemin de Norma, et de Tommy. En une nuit, tout bascule. La terreur commence.

Quand un portrait de famille tourne au thriller psychologique. Un récit génialement angoissant.

Jérémy Fel, un talent incontestable pour nous rendre addict dès les premières lignes, on tourne les pages sans s’arrêter, ni respirer!   [MM]

Jérémy FEL, Helena. Rivages, 2018. 732 p., 23€

 

frères lehman

si je vous parle d’un premier roman de 840 pages dont le sujet est les frères Lehman (ou les Lehman Brothers pour le dire en bon français; oui, ceux de la fameuse banque d’investissement Lehman Brothers), écrit en vers libres, je sens que certaines-certains vont faire la grimace…
ce livre est GEANT! il se lit d’une traite (bon, deux traites, si vous voulez) : c’est une épopée (Gilgamesh), un chant (Ulysse), une histoire des États-Unis au souffle balzacien (grandeur et décadence)
et il se lit à haute voix, si si! son génial auteur italien, Stefano Massini, s’il est novice dans l’écriture romanesque, n’a évidemment plus rien à prouver dans l’écriture théâtrale
le roman débute en 1844 quand Heyum Lehmann débarque à New York, de sa Bavière natale, une petite valise à la main pour tout bagage; à peine le pied posé en Amérique, le vo
ici rebaptisé Henry Lehman par le service immigration…
« Il respira profondément
saisit sa valise
et d’un pas rapide
— bien qu’il ne sût pas encore où aller —
pénétra
lui aussi
dans le carillon
dénommé Amérique; »              
[DM]

Stefano MASSINI, Les Frères Lehman, trad. de l’italien par Nathalie Bauer. Éditions Globe, 2018. 840 p. 24 €

 

ma devotion

Alors qu’Helen, quatre-vingts ans, se promène dans les rues de Londres, elle croise Frank. Des réminiscences du passé reviennent soudain et Helen décide de raconter à Frank, avec ses mots à elle, leur passé commun. Elle retrace donc, au fil des pages, leur histoire d’amour-amitié qui dure depuis l’enfance.

Un récit superbe, d’une douceur incroyable porté par une plume maîtrisée et poétique. [MM]

Julia KERNINON, Ma dévotion. Le Rouergue, « La Brune ». 2018. 304 p., 20€

 

bucher

la magie comme survie aux drames de l’Histoire

Dragoman livre ici un roman extrêmement attachant, porté au présent par une jeune orpheline de 13 ans, recueillie par sa grand-mère, seule mémoire d’un passé trouble, autant familial que national

le texte mêle avec élégance les voix de l’enfant et de cette grand-mère un peu sorcière, dans un monde qui tente de se reconstruire mais où certains fantômes apparaissent soudainement, dans les ombres des objets   [DM]

György DRAGOMAN, Le Bûcher, trad. du roumain par Joëlle Dufeuilly. Gallimard, 2018. 526 p. 24 €

 

tenir jusqu'à l'aube

La mère et l’enfant. L’enfant a 2 ans, la mère l’élève seule, le père est parti. Du père on ne saura rien. Du vide, de la béance que crée son départ, on saura tout. Un vide comme un trou noir qui absorberait et la mère et l’enfant. Un vide que l’enfant occuperait jusqu’à la démesure, la mère aspirée par cette force centrifuge : ses nuits qui n’en sont plus car l’enfant ne les fait pas, son travail qui tangue par l’épuisement des nuits. S’échapper tout d’abord, passer le week-end ensuite, tirer sur la corde pour finir.
Carole Fives porte ici un regard affûté sur la vie d’une mère célibataire. La phrase est sèche, vive, rapide. L’urgence du faire. Mise en apnée parfaitement réussie. Un roman sans complaisance ni donneur de leçon — l’auteur dit avec grande justesse la complexité de l’amour maternel et rend ainsi un très bel hommage, universel, à ces mères qui doivent se bagarrer au quotidien pour leur liberté car il leur faudra, à ses femmes, tenir jusqu’à l’aube.   [DM]

Carole FIVES, Tenir jusqu’à l’aube. L’Arbalète Gallimard, 2018. 180 p. 17 €

 

macbeth nesbo

tremblez, braves gens, Macbeth a tué le sommeil! Et Jo Nesbo veille sur la nuit!
Pas facile de s’attaquer à ce «monstre» de la tragédie shakespearienne dont on connaît la fin!
L’enjeu pour Nesbo, et qu’il doit à ses lecteurs, sera de nous tenir, justement, jusqu’à cette fin!
Et c’est réussi! On s’amuse forcément à retrouver les personnages shakespeariens, transposés ici dans une ville partagée en 4 districts, où les usines crachent des fumées noires, où la corruption règne à tous les étages, où la dope de synthèse devient évidemment un des jeux du pouvoir local, où le flic Macbeth tente de faire son boulot le plus proprement possible jusqu’à ce que Lady, ancienne prostituée et tenancière du casino de luxe de la ville, ne lui instille le poison du pouvoir…
Nesbo ne laisse aucun personnage de côté et les transpose ici avec grande habileté : Hécate devient un méchant de chez méchant, parrain de la drogue; quant à la fameuse forêt de Birnam… on n’en dira pas plus, promis!
Macbeth shall sleep no more! Thank you Sir Jo Nesbo !   [DM]

Jo NESBO, Macbeth, trad. du norvégien par Céline Romand-Monnier. Gallimard, « Série Noire », 2018. 620 p. 21 €

 

rien autre sur terre

« Je n’ai rien vu. » – c’est ce que dira le prêtre qui livre ici le récit, hallucinant d’étrangeté, d’une disparition, celle de Paul, un père de famille, vivant dans le lotissement voisin. L’alerte est donnée par la fille de Paul, une adolescente, qui débarque terrifiée, un soir d’été caniculaire, chez le prêtre. Qu’y avait-il donc à voir ? Le chantier en cours d’un lotissement déserté par les ouvriers ? La maison témoin qu’occupent Paul et sa famille ? Les mots griffonnés sur le corps de la gamine ? L’attente s’installe. L’atmosphère du récit prend, tranquillement, une tournure inquiétante. La phrase est courte et précise ; d’autant plus précise que le décor, les objets et les personnages dépérissent lentement, semblent s’effacer, s’effriter. O’Callaghan nous donne ici un premier roman original et fort habile qui n’est pas sans rappeler certains pans de l’univers d’un autre irlandais, maître en « disparition », Samuel Beckett.   [DM]

Conor O’CALLAGHAN, Rien d’autre sur terre, trad. de l’anglais (Irlande) par Mona de Pracontal. Sabine Wespieser, 2018. 268 p. 21 €

 

 


vitrine jeunesse…

difficile de ne pas consacrer une vitrine jeunesse à un thème largement abordé par de nombreux éditeurs jeunesse depuis quelques mois : celui du caca-prout…! un sujet qui passionne petits et grands — on en rêvait, on l’a faite!


aiguisez votre esprit critique!

sciences humaines sept 2018

une belle moisson de rentrée en sciences humaines également! tout ne tient pas sur la photo, retrouvez d’autres pépites sur nos tables! n’oubliez pas : un homme qui lit en vaut deux!

  • Sensibilités, n°4 : « La Société des rêves » (Anamosa​)
  • Michelle PERROT, Georges Sand à Nohant (Éditions du Seuil)
  • Elisée RECLUS et Pierre KROPOTKINE, La Joie d’apprendre (Héros-Limite)
  • Daniel COHEN, « Il faut dire que les temps ont changé.. – chronique (fiévreuse) d’une mutation qui inquiète (Albin Michel)
  • Grey ANDERSON, La Guerre civile en France, 1958-1962 – du coup d’Etat gaulliste à la fin de l’OAS (La Fabrique)
  • David BERLINER, Perdre sa culture (Zones Sensibles)
  • Une Histoire de la guerre – du XIXe siècle à nos jours, B. Cabanes, T. Dodman, H. Mazurel et G. Tempest eds (Éditions du Seuil)
  • David GRAEBER, Bullshit jobs (Les Liens qui Libèrent)
  • Rencontres radicales – pour des dialogues féministes décoloniaux, M. ALTAMINI, T. Dor, N. GUENIF-SOUILAMAS (Cambourakis)
  • Emmanuel DEBRUYNE, Femmes à Boches – occupation du corps féminin, dans la France et la Belgique de la Grande Guerre (Les Belles Lettres)
  • Linda M. HEYWOOD, Njinga, histoire d’une reine guerrière (1582-1663) (La Découverte)
  • Mario MORETTI, Brigades rouges, une histoire italienne (Éditions Amsterdam)
  • Neil MacGREGOR, Une Histoire du monde en 100 objets (Les Belles Lettres)
  • Jean-François BERT, Comment pense un savant? un physicien des Lumières et ses cartes à jouer (Anamosa)
  • Gérard NOIRIEL, Une Histoire populaire de la France, du début du XIVe siècle à nos jours (Agone)
  • Thomas W. LAQUEUR, Le Travail des morts – une histoire culturelle des dépouilles mortelles (Gallimard)

poussez la porte et rentrez littéraire!

poussez la porte et rentrez littéraire!
du romanesque mais pas que, les sciences humaines ne sont pas en reste!
et ce n’est qu’un début, d’autres cartons vont déferler dans les semaines qui viennent…

 


« Mathieu Riboulet, écrivain », documentaire

Sylvie Blum a consacré un très beau documentaire sur l’écrivain Mathieu Riboulet, diffusé sur France 3, lundi 30 juillet 2018
le film est disponible quelques jours encore : http://www.tv-replay.fr/…/l-heure-d-france3-pluzz-13087778.…
n’attendez pas!
on y retrouve la pensée toujours aussi habilement déroulée de Mathieu Riboulet, son regard, son humour, sa voix, son rire franc — et deux termes qui reviennent au fil des paroles : joie et élan

« Il parvient au sommet juste au lever du jour, pour voir le disque d’or émerger des splendeurs orientales. Dans un instant les pentes enneigées des montagnes étincelleront de pourpre. Il pensera à son père, à ses frères, à sa place sur la terre, à sa mère endormie, aux bras des hommes où se dissoudre, avant de regagner le monde, où l’on meurt pour de vrai. Un jour j’irai à Bongue. C’est le point de la terre où l’on est près du ciel. Avec Bastien, dans le grand ciel de Bongue où dorment les Indiens. »
(Mathieu RIBOULET, Avec Bastien, portrait. Éditions Verdier. 2010. 120 p. 14 €)