à lire, à lire!

la nuit la mer

Maud est une jeune femme sur laquelle glisse la vie ; une jeune femme d’apparence impassible, qui déconcerte son entourage et surtout Tim, son mari. Un jour, elle décide d’acheter un vieux voilier, laissé à l’abandon dans le port de la côté anglaise où ils habitent. Ce voilier apparaît comme une évidence, voire une urgence pour Maud.

Miller fait le choix d’écrire au présent, de faire avancer son lecteur avec son personnage ; l’auteur ne démontre rien, il suggère et avec grande habilité : le texte se déploie ainsi avec une rare force et nous donne un portrait de femme tout simplement bouleversant.

Andrew MILLER, La Nuit, la mer n’est qu’un bruit, trad. de l’anglais par David Tuaillon. Piranha, 2017. 332 p. 19 €

 

sucre noir

Que seraient les Caraïbes sans son célèbre pirate, Henry Morgan, ses cannes à sucre, son rhum, ses trésors, ses femmes belles, rêveuses mais déterminées, son sombre chasseur d’or, sa mystérieuse petite vieille ?

Miguel Bonnefoy fait vivre tout cet univers fabuleux dans un roman enlevé et totalement envoûtant, où la sensualité a la part belle – vive le réalisme magique ! Et, qui sait, peut-être le prix Femina pour ce jeune auteur… !

Miguel BONNEFOY, Sucre noir. Rivages, 2017. 208 p. 19,50 €

 

livre Larher

Erwan Larher s’est retrouvé un soir parisien de novembre au mauvais endroit, au mauvais moment. C’était le 13 novembre 2015, les Eagles of Death Metal faisaient danser, de leurs riffs de guitare, tout le public du Bataclan. Des coups de feu ont signé prématurément la fin du concert et le début d’une sombre nuit. Plus de 400 blessés, et tout un pays bouleversé.

Larher, écrivain, fan de rock’n roll, était dans la salle ce soir là. Il nous raconte son histoire, qui est, dans une certaine mesure, un peu la nôtre. Il nous raconte l’attaque, la balle qu’il reçoit dans la fesse droite, la peur, le sang. Il donne aussi la parole à ses proches qui racontent leurs versions, de cette triste soirée. Eux parlent de l’attente, de l’inquiétude, de l’incompréhension et de l’espoir de bonnes nouvelles.

Larher raconte aussi l’après, l’après attentat, la convalescence, la guérison, le traumatisme physique et psychique.

Il nous livre un texte sincère, celui d’un homme blessé et qui se reconstruit, un récit sensible qui nous touche de plein fouet. Une écriture directe, sans faux-semblants. Un titre magnifique, miroir de l’état d’esprit de l’auteur, aussi tragique que drôle, aussi émouvant qu’incisif : à lire !   [MM]

Erwan LARHER, Le Livre que je ne voulais pas écrire. Quidam, 2017. 260 p. 20 €

 

desproges

Desproges par Desproges : que demander de plus ?! Ce livre est un régal, évidemment ! Des textes, des photos, des collages, des photo-montages, des manuscrits ! « Passer pour un con auprès des idiots est un plaisir des dieux. » – lecteurs grincheux, s’abstenir !

Desproges par Desproges, édition établie par Perrine DESPROGES et Cécile THOMAS. Ed. Du Courroux, 2017. 340 p. 39 €

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embarquement immédiat!

embarquement immédiat!

décollage imminent, laissez-vous porter par les alizées : la librairie participe au concours vitrine lancé par LIRA à l’occasion des 10 ans de l’association régionale des libraires!
« Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui même. On croit qu’on va faire un voyage mais bientôt c’est le voyage qui vous fait ou vous défait. » (Nicolas BOUVIER, L’Usage du monde)

 


à lire, à lire!

trois jours chez ma tante

Le retour de Ravey avec le portrait d’un sacré escroc ! Prenez le neveu, Marcello Martini ; mettez-le dans les pattes de sa vieille tante, Vicky Novak, pendant trois jours : vous obtiendrez un règlement de « comptes » détonnant ; la morale est sauve mais à quel prix !

Yves RAVEY, Trois jours chez ma tante. Minuit, 2017. 15 €. 192 p.

 

jeu blanc

« Si nous voulons vivre en paix avec nous-mêmes, nous devons raconter nos histoires. » – Wagamese commence ainsi ce deuxième roman traduit en français en donnant la parole à Saul Indian Horse, indien Ojibwe

Ontario, début des années 60, au bord de la rivière Winnipeg ; le jeune Saul Indian Horse, 8 ans, va se trouver brutalement arraché à sa culture indienne et placé dans un pensionnat catholique où les religieuses n’auront de cesse d’exercer un pouvoir sadique sur ces jeunes indiens afin de les ramener sur le « droit chemin » – quel qu’en soit le prix humain à payer

sans concession, sans misérabilisme et toujours porté par une puissante force poétique, Wagamese nous donne ici un roman d’une grande humilité face aux hommes et à la nature – magnifique

Richard Wagamese, membre de la nation amérindienne Ojibwe, est mort en mars 2017, à 61 ans

Richard WAGAMESE, Jeu blanc, trad. de l’anglais par Christine Raguet. Zoé, 2017. 256 p. 20,90 €

 

bukowski

un régal de lecture : ce choix de lettres écrites par Bukowski entre 1945 et 1993!

un véritable corps à corps avec la machine à écrire : c’est brut, touchant, drôle, érudit, mordant – bref, c’est du Bukowski !

« Né le 16.8.1920, Andernach, en Allemagne, ne parle pas un mot d’allemand, tout aussi mauvais en anglais. Les éditeurs disent, non sans raison, Bukowski, tu ne sais pas orthographier ou taper correctement ou encore, tu n’es pas obligé d’utiliser toujours le même foutu ruban. Bon, ce qu’ils savent pas c’est que ce ruban de machine à écrire s’est emmêlé avec mon cordon ombilical et que depuis je passe mon temps à essayer de retourner dans le ventre de ma mère. » (29 août 1960)

Charles BUKOWSKI, Sur l’écriture, trad. de l’anglais par Romain Monnery. Au Diable Vauvert, 2017. 320 p. 20 €

 

coeurs lents

Bianca et son frère François se retrouvent au bord d’une tombe, celle de leur jeune frère Tahir qui vient de mourir, seul, dans le dénuement le plus total;  ils attendent l’arrivée de leur mère, Iris

dans cette attente, la mémoire fait son œuvre :  l’enfance, les origines algériennes, l’abandon par la mère de ses trois enfants – comment se construire comme individu face à cet héritage familial

« Pour avancer dans cette vie, élis une personne qui n’aura peur ni des regards ni des mots. Ou marche seule. Sois libre ! » : les dernières paroles d’Iris à sa fille Bianca

un très beau texte, sensible et pudique, qui interroge notre société française post-coloniale : celle de ces « cœurs lents », ces laissés-pour-compte d’une mixité qui rendrait invisible l’histoire nationale

Tassadit IMACHE, Des cœurs lents. Agone, 2017. 184 p. 16 €

 

 


kit de survie 2017

vous trépigniez d’impatience, vous le réclamiez à corps et à cris! le voici, le voilà, tout frais, tout beau : notre traditionnel kit de survie pour l’été!
cette année, dans notre chère rubrique « allez, cet été, je m’y mets! » : 2666 du Chilien Roberto Bolano et L’Odyssée de Homère

et, évidemment, tout un choix d’autres indispensables lectures sur les tables de la librairie! vous ne savez pas quoi lire? pas de panique, Super Libraire est là pour vous sauver!


à lire, à lire!

si belle si morte

tout est malin dans ce livre, et vous, le serez-vous? le corps d’une femme, morte, est découvert le long d’une berge; 4 personnes, chacune à un moment précis de la journée, verront le corps de cette femme : aucune n’appellera la police car tout le monde a des raisons de ne pas le faire… 24 heures après leur découverte, le remords aidant, chacune retournera sur la berge : rebondissement final totalement inattendu! plus malin, tu meurs!

à la fois polar et comédie italienne, ce roman nous offre une belle galerie de personnages — saluons la traduction de Joseph Incardona, auteur également publié aux éditions Finitude    [DM]

Rosa MOGLIASSO, Si belle, mais si morte, trad. de l’italien par Joseph INCARDONA. Finitude, 2017. 132 p. 14.50 €

 

savana padana

San Vito, charmante bourgade près de Padoue : son église; sa route qui sépare le village en deux;  ses deux cafés de chaque côté de la route, l’un tenu par le mafieux italien local, dit la Bête, l’autre tenu par le mafieux chinois local, dit le Tigre; ses petites frappes; son flic véreux… sans oublier ses Gitans locaux!

la statuette de saint Antoine, appartenant à la Bête, vient de lui être volée, à deux jours de la fête de saint Antoine… ça va barder sévère à San Vito!

une excellente traduction de ce polar très bien orchestré, s’amusant des clichés, digne d’un scénario des frères Cohen — et un gros clin d’œil au film Snatch de Guy Ritchie! [DM]

Matteo RIGHETTO, Savana Padana, trad. de l’italien par Zooey BOUBACAR. La Dernière Goutte, 2017. 128 p. 14 €

 

hôtel grand cerf

finie la tranquillité à Reugny, petit village des Ardennes belges : Jeff Rousselet, son douanier, vient d’y être assassiné; celui-ci avait la particularité d’avoir constitué des « dossiers » sur chacun des habitants du village, sous forme de notes rédigées sur des sous-bocks à bière…

c’est l’effervescence à l’hôtel du Grand Cerf où débarque l’inspecteur Vertigo Kulbertus, au corps aussi obèse que son esprit est acéré… la méthode d’enquête de Kulbertus? aucune! vive Kulbertus, ses frites, ses cervelas et ses litres de bière quotidiens!

franchement drôle, rondement mené, on sent un vrai plaisir d’écriture chez l’auteur et ceci, pour notre plus grand plaisir de lecture!

Franz BARTELT, Hôtel du Grand Cerf. Le Seuil, 2017. 346 p. 20 €

 

 


la semaine de la poésie : c’est parti!

c’est parti : la 30e Semaine de la Poésie à Clermont-Ferrand est lancée, dans le cadre du Printemps des Poètes!

et comme l’année dernière, les voisins commerçants ont joué le jeu et accepté de voir leur vitrine se poétiser

la poésie sur les vitres, ou comment habiter poétiquement le monde!


la librairie fait son cinéma, the end

bravo à vous tous qui avez fait travailler votre mémoire cinéphilique ! — le/la gagnant(e) sera désigné(e) samedi 18

les bonnes réponses aux 7 scènes choisies sont :

scène 1 : Bernard Blier, Dominique Zardi et un troisième luron (non identifié…) dans Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages, de Michel Audiard

scène 2 : Humphrey Bogart dans Casablanca, de Michael Curtiz

scène 3 : Jean-Pierre Léaud dans La Maman et la putain, de Jean Eustache

scène 4 : Clint Eastwood dans Le Bon, la brute et le truand, de Sergio Leone

scène 5 : Bourvil et Louis de Funès dans Le Corniaud, de Gérard Oury

scène 6 :  Gérard Depardieu et Michel Blanc dans Tenue de soirée, de Bertrand Blier

scène 7 : Robert De Niro dans Taxi Driver, de Martin Scorsese