paradoxe de la libraire, développement

le paradoxe de la libraire, esquisse d’un développement
reprenons :
soit a = une librairie fermée
b = une libraire confinée
c = une pile de livres en attente d’être lus par la libraire
d = un temps plus largement disponible pour soi
(a + b) x d = c puissance 20
pourquoi la valeur de c demeure-t-elle égale à 0 en ces temps de confinement sanitaire solidaire?
après plusieurs jours de sidération, j’ai enfin compris que cette «équation», sans inconnue apparente, comportait pourtant une variable : «une libraire»…
[présupposé : ne pas prendre en compte pour notre démonstration l’angoisse née de ces temps incertains] qui n’a pas rêvé d’avoir du temps pour soi et pouvoir enfin lire tout ce qui n’a pas été lu depuis des mois, des années?
toute personne qui lit pour soi…
or, être libraire c’est lire, non pas pour soi, mais pour les autres
être libraire, c’est avant tout être en lien, être «relié» à vous, communauté de lecteurs
tisser des liens, c’est bien ce qui nous anime dans nos boutiques ouvertes sur le monde, ces lieux de passage où vous flânez ou allez droit à la bonne table, au bon rayon, où vous découvrez un livre, où vous faites la rencontre d’un auteur; bref, des lieux vivants car des éditeurs, des auteurs les animent à travers des pages reliées entre elles et pour vous
et quand vous autres n’êtes plus là, qu’on ne vous distingue plus à l’horizon des pages lues, qu’on n’a aucune idée du temps qui nous sépare, alors la libraire-tisserande perd le fil

dont acte
travail en cours : retrouver le fil pour sortir du paradoxe