patrick deville, kampuchéa

Deville poursuit ici son projet d’écriture : faire le tour du monde en restant, plus ou moins…, à la même latitude.

Equatoria (2009) nous emmenait dans une traversée du continent africain. On y croisait Savorgnan de Brazza, Loti, Conrad, Livingston retrouvé par Stanley et même De Gaulle, au fil d’histoires dans l’Histoire, tissées très habillement par Deville les unes aux autres.

Dans Kampuchea, le narrateur remonte le Mékong, depuis son delta jusqu’aux frontières chinoises. On est en février 2009, au moment où s’ouvre le procès de Kaing Guek Eav, alias Douch : directeur de S21, la prison de Tuol Sleng où furent détenus, torturés et exécutés par les Khmers Rouges jusqu’à 20 000 personnes. À la libération du camp, on comptait 7 survivants.

Deville, fidèle à son projet, mêle astucieusement anecdotes et l’Histoire, avec sa grande hache. Dans les traces d’Henri Mouhot qui révéla Angkor aux Occidentaux en chassant les papillons, Malraux et son Perken de La Voie royale ne sont pas loin. Et on retrouve Loti, évidemment.

Patrick DEVILLE, Kampuchéa. Le Seuil, 2011. Coll. « Fiction & Cie ». 264 p. 20 €

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